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Thème : Quels projets structurants pour l'avenir de chaque territoire ?

Changez les regards, modifiez les perceptions, élargir les nuances

Idée: 

Tous les livres d'histoire et manuels scolaires de mon pays, la Nouvelle-Calédonie, mentionnent tous, sans exception, la date du 4 septembre 1774, comme le jour où le navigateur anglais James Cook a découvert la Grande Terre de cet archipel auquel il donna le nom de "new caledonia". Aucun d'eux ne mentionnent le fait que les indigènes présents ce jour là aient pu eux aussi découvrir Cook, son navire, son équipage, sa technologie, son apparat et l'ensemble du décorum, des us et traditions de son époque. Manifestement, le récit de nos histoires est solidement ancré dans une vision européenne à sens unique. Sommes-nous condamnés à subir à jamais l'européocentrisme du sens de l'Histoire, du Monde et des peuples qui dicterait sa course au reste de la planète. L'adaptation des programmes d'histoire et de géographie au contexte local et régional est une nécessité pédagogique. L'impératif de son apprentissage et de sa diffusion la plus large possible ne peut que renforcer l'intérêt du public, motivé par une proximité spatiale et temporelle dans lesquelles ils se reconnaissent puisque l'on y parle d'eux-mêmes, de leurs pères, de leur terroir et de leurs références. En somme, tout ce qui fait qu'ils sont eux-mêmes et personne d'autre. L'étude de l'histoire des univers ultramarins pourrait être un tremplin vers une nouvelle formulation identitaire voire ipséitaire des populations locales dans un monde globalisé. Sans exclusive et sans exclusion, les programmes nationaux pourraient être allégés pour y inclure des aspects de l'histoire (préhistoire, moderne et contemporaine) de la Guadeloupe, de la Martinique ou de La Réunion et donc des Guadeloupéens, des Martiniquais et des Réunionnais. Une histoire revisitée, révisée parfois mais aucunement niée. Une histoire qui réserverait une juste place aux illustres personnages des outremers, à leur rôle et à leur marque dans le destin de ces territoires et de leurs populations. Une histoire qui (r)établirait également , au regard du comblement progressif de certains segments historiques par les chercheurs et les universitaires, un autre regard sur certains faits qui faisaient l'objet jusqu'alors d'une loi du silence, d'oubli volontaire ou plus grave d'une véritable négation. L'ouverture sereine des archives d'outre-mer par la réduction des délais de communicabilité ou la déclassification de certaines catégories de documents politiques ou militaires seraient aussi un signe fort du gouvernement central dans la nouvelle politique outre-mer dans le cadre de l'écriture d'une histoire décomplexée.