arreter de duper
Je voudrais partager un deuxième avis concernant le travail que nous devons réaliser pour réconcilier la mémoire, la culture et l’identité, pour faire le lien entre les trois, pour que nous soyons à l’aise chez nous, en nous et avec les nôtres. Nos ancêtres furent privés de leur liberté, ils ont combattu dur comme fer envers l’ennemis pour se libérer des chaines et cela ne s’est pas fait sans conséquence, mais, ils y ont cru, ils se sont sacrifiés pour un avenir meilleur pour les leurs, face à l’ennemis souvent invisibles, inattendus. Fort de ce passé, aujourd’hui, on constate malheureusement que certains noirs veulent exercer un pouvoir sur les leurs, ils cherchent à les contrôler, à avoir de l’emprise sur eux, ce qui ne favorise pas la confiance que nous devrions avoir entre nous. Pour faire semblant de vouloir nous aider, ceux qui ont la parole proposent un changement de statut, ils énoncent les « sigles » (les grands mots) pour nous faire croire que c’est de là que vient le problème de la Guadeloupe, ils exigent des nominations, plus de pouvoir, ils emplois les mots « bassin caribéens, territoriale, effort de l’Europe, ultra marins, éloignement, rapprochement, insularité, etc. ». Ils font semblant d’exiger beaucoup de choses en notre faveur pour nous attendrir, pour prouver qu’ils sont actifs, alors que la vraie solution est là, tout près de nous, à savoir le respect que nous devrions avoir envers les nôtres, le respect qui se traduit par un service de qualité. Ne parlons pas d’amour car il n’est obligatoire d’aimer, l’amour ne devrait être une condition pour bien agir envers ceux dont nous avons la charge de servir, lorsque nous en avons l’occasion.
Il faut faire un travail de transparence, de protection, d’information. Nous sommes en danger, certains nous défendent même lorsque nous avons tort, et c’est là le piège. La première proposition qui nous est faite dès que nous avons un problème à régler est un filon, un arrangement, « parol kout », une aide discrète et souvent illégale. Nos amis nous proposent que cela, une « coup de main », à l’abris de tous les regards. Je constate que beaucoup d’entre nous n’ont pas une situation à jour, beaucoup ont bénéficié d’aides de manières illégales, certains se sont même bâti un empire (maison à louer, belle voiture, voyage, bijou, grande entreprise) grâce à des malversations de toutes sortes (subventions, pot de vin, business de champagne). Comment ferons nous pour être fière de notre passé et notre culture si certains d’entre nous ne sont pas en paix avec eux même ?
Si nous voulons être en phase, je pense qu’il faut aller au secours de ceux qui sont la proie de ce système, de ces faveurs, de ceux qui en bénéficient malgré eux. Je ne pense qu’il faille les dénoncer, mais il faut arrêter tout cela pour passer en mode légal, car nous y avons droit. Il faut aussi mettre en place le maximum de règles pour anéantir l’action de ses personnes mal intentionnées qui profitent de l’ignorance des uns ou de la faiblesse des autres pour les couillonner. Il faut mettre en place un système de contrôle rigoureux pour les empêcher de profiter des largesses des lois en vigueur. Certains d’entre nous obtiennent beaucoup de choses par filon, et je dis que c’est fait volontairement car les malins, les méchants agissent dans la pagaille, ils créent des situations compliquées pour mieux réaliser leur marché, à savoir, ils mettent la Guadeloupe dans un tel état, ils gèrent mal les mairies, ils refusent d’informer sur les mesures en vigueur, ils font durer les grèves, tout se passe en catimini, ils font exprès de ne pas respecter les règles, ou carrément de ne pas en fixer si bien que les citoyens deviennent économiquement ou administrativement fragiles au point d’accepter les faveurs qui leur sont proposées, à savoir, recevoir de l’argent de l’état, de fermer les yeux sur certains écarts, d’effacer leur dette, d’être embaucher à des postes qui ne leur étaient pas forcément destinés. ils ne font aucun travail de communication, ils écourtent au maximum les réunions, ainsi, dans la pagaille, ils peuvent agir et favoriser les plus « consentants », avoir une main mise sur certains, les tenir quelques part, pour pouvoir se servir d’eux comme ils veulent lors des échéances électorales, ou lors de toutes sortes de manifestations bizarres. Les conditions sont telles que certains Guadeloupéens sont obligés d’accepter ce qu’on leur propose sans se rendre compte qu’ils sont en train de se faire piéger. Donc du coup, les voila devenu très manipulables et très fragiles au risque de tout perdre du jour au lendemain et se retrouver en prison, si jamais ils osent hausser le ton. Notre honneur est souvent soumis à de rude épreuve, c’est la preuve que certains n’ont aucun respect envers nous. Chaque peuple se base sur son passé pour construire son présent et son avenir, l’historique du passé nous renseigne sur notre identité, nos valeurs. On se renseigne sur la vie nos ancêtres, que faisaient ils, ou vivaient ils, et les réponses nous aide à comprendre qui nous sommes vraiment et quel destin qui nous est réservé. Ensuite, avec ceux qui sont issue de la même culture, nous essayons de construire un modèle de vie ensemble. Mais lorsque quelques uns agissent n’importe comment, cela jette un discrédit sur notre cause. Certains pensent même à régner leur propre race du fait de ces comportements car ils ne se reconnaissent plus en tant que membre de cette communauté. L’identité passe par « l’être », la culture est un support, une forme d’expression qui nous permet de nous affirmer, mais si nous nous méfions de ceux qui sont censés partager les mêmes valeurs que nous par peur de se faire duper par eux, alors, je pense que nous serons mal et notre culture en subira les conséquences.
Nous avons besoins d’être conseillé, d’être mieux protégé, que nos documents administratifs soient à jour, que nous soyons assurés contre tous les mouvements de la vie, les pertes de salaires, les accidents, les intempéries, les petits tracas, afin d’éviter de réaliser une liste de souscription auprès des amis en cas de problèmes. Nous souffrons en Guadeloupe, nous sommes de plus en plus vulnérables car ceux qui peuvent nous aider sont gentiment écartés. Lorsqu’une bonne volonté se manifeste pour nous aider, tout est fait pour la décourager (mensonge, menace). Si nous voulons que les nôtres soient fières, ou plutôt, pour ceux qui veulent que les nôtres soient fières et forts, brisons les barreaux de la prison dans lesquels ils nous enferment petit à petit au point de ne plus pouvoir nous opposer aux choses qui nous dérangent, faire face aux personnes qui tentent de nous priver de notre liberté. Nous sommes des citoyens à part égal, nous avons des devoirs, mais aussi des droits. Les malins, les futés ont trop de pouvoir sur nous. Faisons en sorte que nous ne soyons pas obligé de passer par eux pour avoir quelques choses. Nous sommes bien ailleurs justes parce que nous ne supplions pas pour avoir ce qui nous revient de droit, on nous le donne systématiquement. Le travail de réconciliation est d’abord un travail de contrôle, de vérité, de respect avant d’être celui de la réparation, de modification, de nomination, de changement.

