Renforcement de l'efficacité des institutions et du rôle de l'Etat
Contrairement aux interrogations de certains internautes des étatsgénéraux.fr, la Polynésie française croûle sous les problèmes économiques, sociaux, sociétaux, environnementaux et identitaires mais elle possède son propre site des "étatsgénéraux.pf"...
Ces états généraux sont donc une chance unique pour la société civile de donner son sentiment sur la situation politique et économique très confuse et l'instabilité politique en Polynésie française. Ce qui explique la fracture sans cesse aggravée entre les autonomistes et les souverainistes. Les premiers pensent que seule une autonomie de plus en plus élargie les sortira de l'impasse, les seconds à l'inverse ne jurent que par l'indépendance se substituant à "l'évident naufrage de l'autonomie". Il semblerait en effet et même du côté de l'Etat que cette autonomie ne soit pas (ou mal) assumée.
Il est donc urgent de renforcer l'efficacité des institutions polynésiennes et de définir d'urgence le rôle de l'Etat. Ce Pays n'a aucune chance de s'en sortir si l'on ne règle pas le prolbème institutionnel.. Il s'enfonce depuis des années d'ailleurs, dans un affrontement stérile, républicains vs nationalistes, très préjudiciable à la Polynésie, française ou pas...
Les Polynésiens ne semblent en effet pas prêts à l'indépendance et ne semblent pas, dans leur grande majorité, l'envisager tout en n'ignorant nullement que la Constitution française le leur permettrait s'ils le désiraient, par voie référendaire et que le verdict en serait respecté.
Les souverainistes envisageraient un processus à la Calédonienne et les autonomistes majoritaires au gouvernement, dans la société civile et à l'Assemblée ne veulent pas en entendre parler. La situation économique ne semble pas plus le permettre, la perliculture,la pêche, le tourisme étant en chute libre. Aucune ressource naturelle sinon les richesses de la mer liées aux énergies renouvelables inexploitables en l'état. C'est à ce niveau que la métropole peut intervenir dans l'intérêt de la Polynésie française et finalement dans le sien rendant les Polynésiens moins dépendants des transferts financiers. Certains nationalistes en ont assez, je cite "de mendier" auprès de l'Etat français et veulent en finir alors que les autonomistes qui s'estiment français à juste titre trouvent leurs arguments affligeants ! Ce qui n'empêche nullement les gouvernements nationalistes de presser l'Etat français de régler ses dettes qu'ils estiment éternelles en raison du passé nucléaire français... Une situation politique et économique insupportable pour les citoyens polynésiens qui rejettent en bloc les politiques ayant hélas, à juste titre, le sentiment qu'ils se font élire non pour servir mais pour se servir... Certains vont jusqu'à s'interroger sur les blogs et autres sites des medias, sur la question de savoir si ce pays est réellement une démocratie et si nous vivons réellement dans un état de droit...
Les réformes à accomplir sont à l'évidence énormes et à tous les niveaux, et il n'est pas sûr que la population comprenne la profondeur des dégâts causés par une classe politque avide et trompeuse, croûlant sous les privilèges d'une autre ère, Les faits sont pourtant évidents, connivence à tous les étages, abus de biens sociaux, non remboursement d'emprunts immobiliers bancaires, détournements de fonds publics, clientélisme, et la liste n'est en rien exhaustive...
L'urgence d'une réforme institutionnelle serait à l'évidence majeure si l'on désire sortir ce pays de la nasse où il s'enlise et tendrait à régler dans la foulée les questions culturelles, identitaires et également d'indivision foncière qui créent un malaise permanent dans les relations intergénérationnelles et inter etniques parfois problématiques... L'idéal étant d'arriver à une autonomie politique élargie en partenariat équitable et loyal entre la Polynésie française, la France et l'Union européenne, cette dernière s'impliquant nettement dans les politiques environnementales cruciales en terme d'avenir pour les collectivités ultramarines et plus particulièrement pour les atolls de Polynésie française lourdement menacés par les conséquences des changements climatiques...
C'est paradoxalement bien des citoyens métropolitains qui aimeraient poser la question de l'autodétermination afin de savoir où ils en sont... Mais les nationalistes finalement refusent n'étant nullement sûrs du résultat et invoquant un gel de l'électorat à l'instar de Nouméa...

