Maintien dans l'art.73
La Martinique est française depuis 1635.Dès l'abolition définitive de l'esclavage,en 1848 ( après une 1ère tentative en ce sens de la Convention en 1794 ), les esclaves libérés sont devenus citoyens français. En 1946,à la demande des populations ( nos parents et grands-parents ) qui y voyaient l'aboutissement naturel d'une longue marche vers l'intégration totale à la nation française ainsi que le moyen d'accéder à un développement économique et social que ne permettait pas le statut d'autonomie financière qui était celui des colonies, l'ile a accédé au statut départemental.
Il n'y a donc pas de raison que cette évolution soit complètement inversée pour aboutir à terme à une indépendance.
La vraie question à se poser au préalable est de se demander si nous nous sentons appartenir ou non à la Nation française.
Si c'est non,alors il est normal d'aller à l'indépendance .
Si au contraire la réponse est oui,comme je le pense ainsi visiblement qu'une majorité de la population qui l'a toujours fait comprendre par ses votes notemment en 2005, alors il convient d'écarter définitivement et de façon claire et nette, tout risque de déraper directement ou par étapes vers l'indépendance et de lever cette hypothèque .
C'est la raison pour laquelle,il serait hasardeux d'opter pour l'art.74 de la Constitution ( ce qui dans la stratégie inavouée de certains serait une 1ère étape qui rendrait plus indolore un glissement programmé vers une autonomie politique,puis l'indépendance ).
Il est préférable de rester dans le droit commun et le principe de l'unité législative,en se maintenant dans le cadre de l'art. 73, et ce d'autant plus que cet article permet expressément d'adopter des adaptations non négligeables, qui m'apparaissent souhaitables et non sollicitées à ce jour ,à savoir:
1) l'érection de chaque ile en une collectivité unique qui fusionnerait département et région,avec bien entedu une assemblée unique qui pourrait etre assistée d'un conseil régional économique et social.Elle pourrait s'appeler "Région ultra-marine".
Cela simplifierait et rationnaliserait la gestionde ces territoires plutot exigus.
2)accentuer le plus possible la régionalisation par un élargissement des compétences dévolues à l'assemblée régionale ainsi instituée.
Au niveau européen,le maintien dans la catégorie RUP semble plus intéressant pour pouvoir bénéficier de droit des financements européens qui constitue un apport non négligeable pour les territoires concernés et auquel il n'est pas pensable de renoncer.
Au niveau de l'administration centrale, il est possible qu'il soit plus efficace et plus significatif d'une prise en considération complète des problématiques des DOM dans les préoccupations de l'ensemble des structures administratives et politiques de l'Etat de remplacer l'actuel ministère par l'instauration dans chaque département ministériel d'un service chargé de l'outre-mer.Dans une telle perspective, un chargé de mission directement placé auprès du 1er ministre pourrait permettre à ce dernier de suivre les problèmes spécifiques de ce secteur et d'assurer la coordination des politiques mises en oeuvre si nécessaire.
Enfin, la sémantique ayant son importance, il m'apparait souhaitable que le terme métropole rappelant le passé colonial soit remplacé. Il conviendrait maintenant de parler plutot de la France Hexagonale ( ou continentale ) et de la France insulaire ( ou ultra-marine ).

